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|  | L'épidémie de 1980 à 2000 Chronologie de l'épidémie... 1980 Le professeur Robert Gallo et son équipe ( National Cancer Institute) découvrent le 1er rétrovirus humain HTLV (HTLV-I). Il est à l'origine de certains lymphomes et de leucémies T de l'adulte. C'est un oncovirus qui, comme d'autres oncovirus de singe, souris ou poulet, immortalisent leurs cellules cibles, les lymphocytes T. Le docteur Michael Gottlieb soigne à Los Angeles un malade homosexuel qui présente des signes cliniques d'amaigrissement, de mycose, de fièvre, de candidose buccale et de pneumonie. Son attention est attiré par une quantité anormalement basse des lymphocytes T4 dans le sang. Deux autres malades homosexuels présentent des symptomes identiques. Dans le même temps à Atlanta, le Centers for Disease prevention and Control remarque une augmentation anormale de la consomation de Pentamidine, médicament utilisé dans une maladie rare, la pneumocystose pulmonaire. Une enquête est ouverte. 1981 L'agence épidémiologique d'Atlanta, siège central des Centers for Disease Control (CDC) américains, décrit dans son bulletin, le MMWR (Morbidity and Mortality Weekly Report), 5 cas de pneumocystose entre octobre 1980 et mai 1981 dans 3 hôpitaux de Los Angeles. - Juin : en France, Willy Rozenbaum, chef de clinique assistant à l'hôpital Claude-Bernard de Paris, soigne un steward homosexuel pour une affection pulmonaire qu'il relie aux cas décrits dans le MMWR. Le MMWR publie un article sur le sarcome de Kaposi et la pneumonie à pneumocystis chez les homosexuels. Le New England Journal of Medicine publie 3 études sur un syndrome d'immunodéficience acquise. Fin 1981 : Les premières études montrent que cette affection jusque là inconnue, se transmet par voie sexuelle et sanguine et qu'elle ne frappe pas que les homosexuels. Les américains décident d'appeler cette affection AIDS pour Acquired Immuno Deficiency Syndrome, que les Français vont traduire par SIDA pour Syndrome d'Immuno-Déficience Acquise. 1982 Avril - DENVER (Colorado) : un cas de Sida a atteint une personne ni homosexuelle, ni toxicomane. Cela concerne un père de famille de 59 ans qui a la particularité d'être hémophile (SIDA : Le droit de tout savoir p34-35 - SANTERAMA HS 1). La transmission par voie sexuelle et sanguine est démontrée dans les groupes à risques (Haïtiens et hémophiles). Des médecins français s'intéressant à l'affection (dont Charles Mayaud, Jacques Leibowitch, Odile Picard) avancent que le syndrome repéré n'est peut-être pas lié à la seule homosexualité (pourtant risque majeur) et pourrait être présent en Afrique. Willy Rozenbaum entre en correspondance avec les CDC américains. Six médecins français publient dans The Lancet (revue anglaise) un article sur les infections opportunistes multiples chez un homosexuel en France. Convention entre ces médecins et le ministère de la Santé pour un projet d'études par le " Groupe de travail sur le sida ". Il travaille en relation avec 150 médecins et recense 29 cas dont le plus ancien, diagnostiqué en 1974. Le sida a touché 251 Américains. 99 sont décédés. Belgique : 1ers cas décrits chez des malades venant du Zaïre. Hypothèse de Gallo sur l'origine virale. Leibowitch fait une suggestion en ce sens. Gallo reprend cette hypothèse dans le Panorama du médecin. 1ers contacts entre Willy Rozenbaum, Françoise Brun-Vézinet et Luc Montagnier. Les risques de transmission par le sang ou ses dérivés sont identifiés. Haut de page 1983 Début des recherches à l'Institut Pasteur : culture des cellules de M. Bru par Montagnier et détection d'une activité transcriptase inverse (signe d'un rétrovirus) par F. Barré-Sinoussi. Analyse du nouveau virus par les équipes L. Montagnier et J.C. Chermann qui, le 2 février, informent Gallo de leurs résultats et lui demandent des réactifs spécifiques des HTLV 1 déjà connus. Les produits envoyés ne réagissent pas avec le virus Bru : il n'est donc pas un des rétrovirus HTLV 1 ou 2. Poursuite des recherches du virus à l'Institut Pasteur (équipe Montagnier, Barré-Sinoussi, Chermann) et des échanges avec l'équipe Gallo. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire utilise la dénomination "sida". La revue américaine Science publie un article de 12 chercheurs français indiquant l'isolement d'un nouveau virus (baptisé par la suite RUB à Naples) puis LAV (Lymphadenopathy Associated Virus). Mai : Luc Montagnier, Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Chermann parviennent à isoler pour la première fois l'agent responsable du Sida auquel il donne le nom de LAV (Lymphadenopathy Associated Virus). Septembre : le Pr. Montagnier dépose une demande brevet pour un test du dépistage du SIDA. 1984 Mai : un an après les Francais, le Pr Gallo isole le virus HTLV 3 qui s'avèrera être identique au LAV. Echec des essais thérapeutiques. L'activité antirétrovirale de l'AZT est mise en évidence. Le secrétaire d'État américain à la Santé et le Pr Gallo annoncent que le virus HTLV 3, isolé par l'Institut du cancer américain, et le LAV, découvert un an plus tôt par l'Institut Pasteur, pourraient être le même virus. L'équipe de Robert Gallo met au point un protocole pour produire le HIV en continu. La source abondante de virus permet de lancer les premiers tests diagnostiques. Ces tests, dont la spécificité a été améliorée par l'emploi de la technologie de l'ADN recombinant, sont positifs si le sérum sanguin d'un individu comporte des anticorps contre le HIV. 1985 Des lots de sang contaminés sont distribués en France, alors qu'on savait depuis fin 1984 que le pré-chauffage inactivait le virus du sida. Les revues Cell puis Nature confirment qu'il s'agit d'un seul et unique virus, les deux équipes ayant réussi à cloner et séquencer le génome du virus. Le virus de l'immunodéficience du macaque est isolé. (SIVMac). Il provoque des symptômes identiques au sida. Conférence mondiale sur le sida à Atlanta (USA) : 3 000 participants. France : les donneurs de sang sont soumis à un test de dépistage des anticorps anti-HIV. Sans attendre les résultats définitifs de l'étude en cours, les autorités sanitaires américaines annoncent que l'AZT sera administrée à plusieurs milliers de malades du sida. Conférence mondiale sur le SIDA à Atlanta (USA) : 3.000 participants . Devant le scandale du sang contaminé, le ministre de la Santé français décide le criblage systématique du sang destiné aux transfusions et à la fabrication des produits sanguins. Tous les donneurs de sang sont soumis à un test de dépistage des anticorps anti-HIV. Haut de page 1986 La communauté scientifique adopte le nom de HIV (Human Immunedeficiency Virus) ou VIH (Virus de l'immunodéficience humaine) qui remplacent LAV et HTLV 3 . le Pr Montagnier et son équipe de l'Institut Pasteur isolent un deuxième virus, le VIH 2, en collaboration avec les chercheurs et médecins de l'Hôpital Claude Bernard de Paris et l'Hôpital Ega Moniz de Lisbonne. Le malade est originaire de Guinée-Bissau. Première lueur d'espoir pour les malades, un nouvel antiviral venu des USA., l'azidothyridine ou AZT. Mais cette molécule se revèle coûteuse et extrêmement toxique. En effet, on doit recourrir à des transfusions sanguines très fréquentes. 1987 Mars : les administrations de Reagan et de Chirac s'entendent pour un partage de la paternité de HIV (et des royalties). Chermann se désolidarise. La publicité sur les préservatifs comme moyen de prévention des MST est autorisée en France. Commercialisation de l'AZT en France. Avril : campagne de prévention TV : "Le sida, il ne passera pas par moi." Mai : seringue en vente libre dans les pharmacies en France. 1989 Juin : Ve conférence internationale sur le SIDA à Montréal ; pour la première fois, participation de malades à un congrès médical. On recense 138 souches différentes de HIV. 1990 Premiers essais thérapeutiques par la DDI en France. Juin : VIe conférence internationale sur le SIDA à San Fransisco, officiellement boycottée par la France, en raison de la nécessité pour les séropositifs de demander un visa spécial. Lors de la conférence de San Francisco, les chercheurs s'interrogent sur l'opportunité d'associer plusieurs molécules à l'AZT, dont le DDI et le DDC, deux inhibiteurs de la transcriptase inverse, enzyme qui contrôle la réplication du virus. Le nombre estimé de malades du sida est de 1 million dans le monde. Rapport Dormont, consensus sur les modalités d'utilisation de l' AZT et des thérapeutiques prophylactiques de la pneumocystose chez les séropositifs asymptotiques en France. Peter Duesberg marque sa différence et émet un doute sur le lien direct entre HIV et Sida. Il insiste sur le besoin d'un "co-facteur". 1991 Juin : VIIe conférence internationale sur le SIDA à Florence. Constat : propagation de l'épidémie. Magic Johnson, basketteur américain, annonce sa séropositivité et joue un rôle courageux dans la manière de voir le malade. Le directeur du CNTS (Centre National de la Transfusion Sanguine) démissionne à la suite du scandale du sang contaminé. Le gouvernement français renonce à imposer un dépistage obligatoire prénuptial, prénatal et à l'occasion du service militaire. Mai : Gallo reconnait que sa découverte est le fait d'une "contamination" dans un envoi de l'institut Pasteur de septembre 1983. 1992 Avril : remboursement à 100 % des test HIV en France. La FDA (Food and Drug Administration US) autorise la mise sur le marché américain de la stavudine (D4T), molécule expérimentale des laboratoires Bristol-Myers Squibb. L'Office of Research Integrity américain accuse Gallo de s'être indûment attribué la découverte du virus du sida ; l'Institut Pasteur demande une nouvelle répartition des royalties. 1993 Les premiers essais de vaccins potentiels sont testés chez l'homme. Rapport du Pr Jean Dormont jugeant " plausible " que les futurs traitements reposent sur différentes combinaisons thérapeutiques. 1994 L'identification du virus est attribuée officiellement à l'Institut Pasteur. Un essai thérapeutique franco-américain démontre que l'AZT permet chez les séropositives de réduire le risque de transmission du virus de la mère au ftus. The Lancet publie les résultats de l'essai " Concorde " : absence de bénéfice de la prescription d'AZT chez les séropositifs asymptomatiques. En France, 300 000 tests sont effectués dans les centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG). Il est nécessaire de développer des tests sérologiques séparés pour détecter le HIV-1 et le HIV-2, en raison des grandes différences existant entre les protéines qui composent ces deux virus apparentés. À mesure que de nouvelles souches de HIV sont identifiées dans le monde, le pouvoir de détection de ces tests doit être affiné. 1995 The Lancet conclut à l'efficacité potentielle des antiprotéases. 1996 Selon Science, une anomalie génétique pourrait protéger du virus du sida. Les travaux d'une vingtaine de chercheurs dirigés par Stephen J. O'Brien (Institut national américain du cancer) semblent indiquer que le récepteur CCKR-5, de la famille des chimiokines (molécules naturellement fabriquées par l'organisme humain, étroitement impliquées dans les processus inflammatoires et les mécanismes immunitaires), jouerait un rôle déterminant dans l'infection par le VIH. Juillet : conférence de Vancouver, efficacité des trithérapies confirmée. 1997 L'Ouganda et le Sida : On note une sensible amélioration consécutive à un véritable changement des mentalités et une amélioration notable des comportements sexuels. Tiers-Monde : 90% des personnes infectées par le Sida y vivent. Monde : 6 millions de personnes mortes depuis 20 ans... Asie-Pacifique : forte extension de l'épidémie. France : recul de la mortalité en France, grâce aux nouveaux traitements (différentes molécules anti-protéases). Baisse importante du nombre d'hospitalisations des malades. Le vaccin expérimental du groupe Pasteur entre en phase d'étude clinique. Les antirétroviraux sortent en pharmacie. 1998 12ème conférence sur le Sida. L'équipe du Pr François Simon (hôpital Bichat) découvre une nouvelle souche (VIH 1-N) chez une femme de 40 ans décédée en 1995 à Yaoundé (Cameroun). Joseph Sodroski (Harvard Medical School, Boston) identifie par cristallographie la structure des 2 " clés " permettant au virus de s'accrocher aux 2 types de récepteurs. L'équipe américano-suisse dirigée par Pietro Vernazza (hôpital de St-Gall, Suisse) et Joseph Eronn (université de Caroline du Nord, USA) observe que la souche présente dans l'appareil reproducteur masculin n'est pas forcément la même que dans le reste du corps. Dossier réalisé par M.P., publié le 7 février 2001 Haut de page |